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Agriculture bio : l'année commence mal !

LAON (Aisne).  Le montant du crédit d'impôt destiné aux agriculteurs qui se convertissent au bio a été divisé par deux. Cela ne va pas aider notre département déjà à la traîne.

DÉCEPTION chez les agriculteurs bio ou ceux qui souhaiteraient se convertir. La loi de finances récemment adoptée réduit leur crédit d'impôt de moitié. Il s'élève à 2 000 euros alors que jusqu'à maintenant, il pouvait atteindre 4 000 euros pour les plus grandes exploitations.
Le gouvernement affirme que cette réduction sera compensée par un cumul d'aides européennes. Mais les associations supportrices de l'agriculture bio sont sceptiques. « C'est un très mauvais signal envoyé par l'État », réagit le président de l'association Agriculture biologique en Picardie, Raoul Leturcq. « Aujourd'hui, 2,5 % des surfaces sont bio. L'objectif est d'atteindre 6 % l'an prochain et 20 % en 2020. Mais l'État ne met pas les moyens nécessaires pour y aboutir. »
Le président comprend d'autant moins cette mesure que son montant global ne s'élève qu'à 17 millions d'euros. A comparer avec les 192 millions distribués pour les agrocarburants. « C'est dommage car la Picardie a un potentiel formidable en savoir-faire et un potentiel phénoménal de consommateurs vers la région parisienne. Le marché est là et il est très demandeur. » Cette mesure touche d'autant plus notre département que les plus pénalisés sont les agriculteurs qui ont une petite surface, comme les maraîchers et les apiculteurs.

Pas de continuité


Les produits biologiques sont pourtant plébiscités par le public comme le prouve l'augmentation de la demande de plus de 10 % par an. Le manque de soutien à la production nationale va encore aggraver la situation alors que près de 40 % des produits biologiques consommés sont actuellement importés.
C'est ce que regrette Guy Poletz qui sait que les perspectives sont bonnes avec une consommation qui augmente. « On a pris du retard parce qu'il n'y a pas de volonté politique d'aide », résume ce producteur de lait bio, installé à Vauxaillon, près d'Anizy. Dans son cas, l'impact financier ne sera pas énorme car à la place du crédit d'impôt, il aura droit à l'aide au maintien. Ce qui augmentera toutefois ses charges sociales.
« Mais le plus troublant, dit-il, ce sont les changements de dispositifs. On n'a pas le temps de s'habituer. On se retrouve dans des systèmes de plus en plus compliqués. Cela montre qu'il n'y a pas de réelle continuité dans la politique alors que nous avons besoin d'un soutien régulier. Quand on passe au bio, les changements de pratiques sont radicaux. C'est comme si on changeait de métier. »


Source: lunion.presse.fr

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